J’ai « rencontré » Victor Hugo à l’âge de 7 ans.

Je suis d’accord avec vous, c’est petit pour se frotter à un géant.

Mais le miracle de l’enfance réside tout entier dans son courage insensé alors, j’y suis allée avec une joie illuminée. Et j’ai lu de tout mon cœur. Immédiatement passionnément. Et par la magie des mots, Victor Hugo est devenu mon ami.

Rien que ça, oui.

Depuis cette amitié exceptionnelle, le monde me semble résonner sans cesse du lyrisme, de la profondeur et de l’intelligence extrêmes de Victor Hugo.

C’est ainsi que je suis retombée, il y a quelques jours, sur une de ses phrases qui a transcendé le temps avec une intensité qui confine au sublime :

« Savoir, penser, rêver. Tout est là »

Et je me suis rappelée que tout était là, en effet.

Nous avons beau inventer chaque jour de nouvelles façons de nous vivre pour forger laborieusement cette certitude bancale d’être toujours plus forts, plus efficaces, plus sages, plus conscients, il y a quelque chose d’assez artificiel et de presque forcené dans cette course au toujours plus. Ainsi, à l’heure de la Happycratie, véritable dictature du bonheur, nous ne savons plus être sans le secours d’artifices extérieurs.

Et s’il suffisait de revenir aux fondamentaux ?

Je recrute des gens formidables qui malgré tous leurs talents et leur compréhension du monde, me demandent parfois une recette théorique, magique, pour, notamment, être plus performants pendant les entretiens et donc améliorer leurs chances de décrocher un emploi.

Bonne nouvelle : il n’y a pas de recette magique !

La seule chose que je peux dire, la seule chose en laquelle j’ai une foi terrible, c’est que chacun de nous ne peut et ne doit exprimer que ce qu’il est, cette honnêteté fondamentale étant le gage de l’épanouissement et du bien-être profonds, au travail comme ailleurs.

Alors, pour vous permettre de devenir ce que vous êtes, à savoir d’excellents candidats, fermez les yeux (c’est une image, ne le faites pas vraiment, vous ne pourrez plus me lire) et écoutez Victor Hugo.

Savoir.

« Etudie, non pour savoir plus, mais pour savoir mieux » (Sénèque)

Chez Hugo, savoir est au commencement, il est la nécessité première, impérieusement préalable à toute autre, pour devenir un meilleur soi.

Il faudrait alors comprendre de quoi il s’agit.

Dans un article éclairant intitulé « Sauvons nos cerveaux à l’ère de l’intelligence artificielle« , King Wang Poon et Hyowon Lee évoquent l’urgence de protéger nos capacités cognitives, notre faculté de savoir, au temps des machines.

Plus personne ne peut donc prétendre travailler, collaborer, interagir, vivre sans maintenir et enrichir sans cesse sa capacité, sa potentialité de savoir.

L’exigence est d’ailleurs telle que la dynamique de savoir de Victor Hugo est triple aujourd’hui.

Savoir, c’est connaître

Les meilleurs candidats connaissent.

Ils se sont appropriés, ont intériorisé, maitrisé les connaissances fondamentales de leurs métiers.

Par l’accumulation, le perfectionnement de ces connaissances, ils proposent immédiatement un savoir propre qui va apporter à l’employeur et à l’écosystème de travail une valeur intellectuelle forte.

Pour être un meilleur candidat, vous devez donc savoir au sens de la connaissance. Pour ce faire, épuisez-vous à apprendre, encore et toujours, via la formation, les MOOC (cours gratuits en ligne), la lecture, les débats, épuisez-vous à apprendre, il n’y a que comme ça que vous saurez.

Savoir, c’est savoir faire

Les meilleurs candidats font.

La capacité de transformer le théorique en pratique, de s’adapter aux besoins réels de l’activité, de résoudre les problématiques effectives de l’environnement, d’exécuter correctement les tâches exigées par le poste sont des qualités professionnelles majeures.

La technicité du savoir-faire impose ainsi aux candidats de proposer des compétences opérationnelles immédiates capables d’apporter à l’employeur et à l’écosystème de travail une valeur économique réelle.

Pour être un meilleur candidat, vous devez donc savoir au sens du savoir-faire.

Savoir, c’est savoir être

Les meilleurs candidats sont.

Plus que des connaissances et des compétences, il s’agit d’offrir au monde une personnalité, avec ce que cela implique de singularité, de forces et de faiblesses, avec ce que cela induit de différences et de richesses.

L’avènement de l’IA a exacerbé le besoin d’humain : plus que jamais, les qualités comportementales, spirituelles et émotionnelles sont au centre du besoin des entreprises.

Pour être un meilleur candidat, vous devez donc savoir au sens du savoir-être. Enrichissez votre personnalité, devenez profondément intéressant, cultivez-vous, hantez les musées, transpirez dans les concerts, enivrez-vous de musique, voyagez, aimez les gens pour mieux les comprendre et apprenez la joie et la gratitude pour accueillir le travail comme la vie avec une énergie magnifique.

Penser.

« Apprenez à penser et vous découvrirez tout ce que vous êtes capable de comprendre » (Oswald Wirth)

Penser, c’est d’abord, surtout, être curieux.

Alors que l’adage populaire en fait « un vilain défaut », la curiosité s’avère en réalité un trésor à ressusciter de l’enfance, l’élan le plus enrichissant de l’être humain.

Moteur incroyable qui fait fi de la raison et de la peur, la curiosité est le catalyseur de la pensée en ce qu’elle impose de questionner le monde qui nous entoure et lui être absolument et consciemment voué.

Si Victor Hugo avait croisé Albert Einstein, qui toute sa vie revendiqua la nécessité de la curiosité pour tenter de percer le mystère de « l’éternité, de la vie et de la structure de ce qui compose la réalité », nul doute qu’il aurait vu dans la curiosité l’expression même de l’acte de penser.

Un article lumineux rapporte ainsi avec beaucoup de justesse les 7 raisons de se montrer aussi joyeusement curieux qu’un enfant, les plus opportunes étant de devenir « plus intelligent », d’ « évoluer sans cesse » et de « changer le monde ».

Alors, pour devenir un meilleur candidat, devenez curieux, intéressez-vous à votre métier, à la société dans laquelle vous vivez, suivez les mutations qui bouleversent le monde, les crises économiques qui menacent les ordres établis, tentez de comprendre ce que vous êtes dans le monde et ce que le monde est pour vous parce qu’il y a de la réciprocité dans la curiosité et une richesse infinie.

Rêver.

« Comment penser le monde si on ne sait pas le rêver ? » (Denis Roche)

L’Institut Sapiens, think tank libéral ambitionnant de « penser les enjeux vertigineux du siècle » (!), prophétise la disparition, à l’horizon 2050, de nombreux métiers du tertiaire, condamnés par la révolution digitale et la robotisation de l’économie.

Parce que rêver au sens victorien, c’est d’abord imaginer le monde autrement, le monde différent, le monde d’après, plus que jamais vous devez rêvez ce que vous êtes pour devenir vous-mêmes.

L’enjeu de l’employabilité est typiquement une illustration du rêve pratique à mettre en œuvre pour participer à une déconstruction et à une reconstruction de l’idée du monde du travail tel que nous le vivons actuellement.

Devenir un meilleur candidat exigera alors de vous non seulement d’avoir des connaissances et des compétences et d’être curieux mais surtout de vous inventer pour être toujours là demain.

Réfléchissez, rêvez à votre métier, dessinez son futur, éprouvez-le et améliorez-le au quotidien.

En conclusion, pour vos entretiens, pour votre cheminement, qu’il soit professionnel ou personnel, demeurez curieux comme un enfant, affrontez le réel, les espoirs comme les désillusions du quotidien, ayez le courage immense de renoncer si vous devez vous trahir et au contraire, n’abandonnez jamais quand vous avez la foi, refusez les a priori qui conditionnent et égarent, soyez heureux de chaque réussite et reconnaissant de chaque échec et relisez, encore et encore Hugo qui a mis la vie entière dans 3 petits mots : Savoir. Penser. Rêver. Tout est là.

Vous l’aurez compris, chez Goorou, nous ne voulons pas vous recruter ou vous placer.

Nous voulons vous conseiller, vous accompagner et vous épanouir.

Parce que c’est ce que nous méritons tous.